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 « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]

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Patte d'Or« Chaton du clan de la Terre »
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MessageSujet: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Jeu 27 Fév - 0:43

Patte d'Or

La solitude rend sensible, non étranger à autrui.
avec Boule de l'Ange

Cette nuit-là, j’avais bien dormis. Il faut dire que c’est tout ce que je pouvais faire de bien, dormir. Et encore, je n’aimais pas être collé à cette chatte qui me rejetait constamment et qui faisait semblant de m’aimer devant les autres pour m’envoyer balader après. Encore une fois, la question qui trônait au-dessus des nombreuses autres que je pouvais me poser me vint en tête : pourquoi être née si c’était pour ne pas être aimé ? Il se peut que j’ai fait quelque chose de mal et que c’est pour cela que maman m’en veux. Mais qu’ai-je fais ? Je ne vois pas ce que j’ai bien pu faire de mal ? Ou alors, c’était parce que mon frère avait fait mieux que moi. Mais, en fouillant dans ma mémoire, il n’avait rien fait d’extraordinaire non plus. Quittant mes songes, j’ouvris mes lourdes paupières et entrevit la lumière qui perçait par la voûte de la pouponnière. Il faudrait que les Guerriers pensent à la refaire, pour ne pas empêcher certains chatons de trouver le sommeil. Il faut dire, qu’en ce moment, ils avaient d’autres chats à fouettés, ils n’avaient pas le temps de réparer la tanière de qui que ce soit. Il fallait bien des Guerriers pour chasser et patrouiller et avec la mauvaise saison qui approchait, il ne fallait pas perdre une occasion de se nourrir. Se nourrir avant que la nourriture vienne à manquer, en quelques sortes, il fallait profiter de chaque bouchées de viandes avant que celle-ci serve tout juste à nous faire tenir debout. Je soupirais et m’extirpais aussi doucement que possible de la litière dans laquelle je sommeillais. Je n’avais aucune envie de réveiller ma maman ou mon frère. Même si j’aimais bien jouer avec mon frère, celui-ci avait cessé depuis très longtemps de jouer avec moi. D’ailleurs, je ne me rappelais plus de la dernière fois. Et pourtant, je n’avais que deux lunes, pas une de plus, pas une de moins. Je n’avais donc pas beaucoup vécue. Je n’avais pas non plus joué beaucoup. D’ailleurs est-ce que j’avais déjà joué avec lui, sinon en rêve ? Je me mis à douter, essayant de me rappeler de certains souvenirs qui pourraient être les meilleurs de ma vie. Ma mémoire était vide, le blanc total. Agacée, je soupirai et sortis de la pouponnière sans même me retourner vers ce qui semblait être ma famille. Dehors, le jour venait de se lever. Les rayons du soleil tombaient sur la clairière toujours fraiche, malgré ceux-ci. Dans quelques instants, il ferait chaud et tous les félins commenceraient à émerger des tanières. Je n’aimais pas ce moment, je ne l’aimais pas parce que j’étais rejetée de toute part. Pourquoi ? Parce que ma mère avait construit pour moi, un mur, un rempart infranchissable formé de nombreuses fausses accusations, de fautes non-commisses et de rejets de fautes injustes. Malgré le faite que ma mémoire me joue des tours en ce qui concerne les bons moments de mon existence, la partie moins heureuse était bien claire. Je pouvais aisément retrouver chaque journée durant laquelle ma mère m’avait accusée, punit et rabaissée sans pour autant que je le mérite. Sans vouloir passer pour une petite chatte modèle, je n’avais encore jamais fait une vraie erreur, mis à part celle d’être née. Soupirant de nouveau, je me mis à longer la pouponnière, une fois dans mon lieu favori, l’exact opposé de l’entrée/sortie de la pouponnière, je m’affaissai sur le sol. Là, j’étais bien. La solitude me rongeait, mais au moins, j’étais à l’écart de ma mère, de ses remarques négatives et de ses accusations dégueulasses. Tout ce que je voulais, c’est que l’on me laisse dans mon coin, que l’on me laisse réfléchir. Que l’on me laisse prendre conscience ce pourquoi je suis réellement née. Oui, c’est vrai que cette question m’obsédait. Je n’y pouvais rien. Même si j’essayais de penser à autre chose, une partie de jeu, ma future vie d’Apprentie, de Guerrière, je ne pouvais m’empêcher de me demander comment est-ce que j’allais pouvoir vivre avec cette question sur les épaules. Et comment réagirait ma mère ? Est-ce qu’elle continuerait de m’accuser et de me traiter comme une moins que rien lorsque je serais novice ou Guerrière ? Est-ce qu’elle continuerait de m’humilier ? Et si elle devenait mon mentor ? Non, ce n’était pas possible. Les parents ne devenaient jamais les mentors de leurs enfants, sinon, ils risqueraient de faiblir et de ne pas faire d’eux de bons Guerriers. Dans mon cas, ce serait plutôt le contraire. Je pense que ma mère serait trop exigeante et je suis sûre qu’avec elle, je ne deviendrais jamais une Guerrière du Clan de la Terre. Cela me faisait de la peine, mais je ne pouvais m’empêcher de dire que si ma mère avait été quelqu’un d’autre, peut-être que j’aurais pu être quelqu’un d’autre également. Et si à cause de toutes les accusations de ma mère folle éperdue de mon frère, je ne devenais jamais une Apprentie. C’est vrai, les bêtises que j’avais sois disant faites pouvaient très bien remonter jusqu’aux oreilles d’Étoile d’Argile et alors, je n’aurais plus aucune chance pour devenir une novice. Et le Clan des Étoiles sait que les chatons faisant des bêtises se voient retarder l’heure de leur baptême. Tout ce que j’espérais, c’est que ces fausses bêtises n’aillent jamais jusqu’aux oreilles du Chef. Même s’il ne retardait pas son baptême, il se ferait une petite idée de l’Apprentie, la tiendrait à l’œil et/ou lui donnerait un mentor strict et sévère afin de la mater. Je ne voulais pas d’un mentor comme ça. Si j’en avais un qui serait méchant, odieux et qui attendait que je sois parfaite, je ne sais pas comment est-ce que je réagirais. Je pense qu’il y aurait deux solutions. La première étant que je resterais docile, essaierais de faire de mon mieux, pour lui prouver que je suis dans ses exigences et qui sais, peut-être, au-dessus. Deuxième choix possible, je ne le supporterais pas et je lui cracherais dessus sans arrêt, ce qui aurait pour but de retarder mon passage au niveau suivant et donc de continuer de m’entraîner avec un ingrat. Perdu dans mes pensées de futur, je quittai peu à peu le monde réel pour me rendre dans mon monde, celui où j’étais la reine, celui où j’étais innocente et celui où personne ne venais jamais.
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Mar 4 Mar - 14:37

Peu à peu, les songes relâchèrent leur emprise d'une petite boule de poils blanche. Les rayons du soleil froid et hivernal caressèrent ses paupières et illuminèrent son pelage immaculé. En gardant ses yeux fermés, elle étira doucement ses pattes de chaton. Elle n'avait pas vraiment besoin de faire attention à ne pas bousculer une reine ou un chaton, puisque depuis son retour au camp de la Terre, elle dormait seule, à l'écart des autres. Cela ne lui ressemblait pas vraiment, mais elle n'avait pas envie de sentir la chaleur d'autres félins. Elle aurait l'impression de remplacer son frère, et ça elle ne se le permettait pas. Levant la truffe vers l'orifice de la pouponnière, elle observa quelques instants les petites lueurs du ciel disparaître petit à petit, remplacées par le bleu du ciel matinal. Elle aurait bien aimé savoir laquelle de ces petites étoiles représentait l'âme de Patte de l'Horizon... Et lesquelles abritait les esprits de Bouton d'Or et de Pacha. Ils étaient là-haut, veillant sur elles malgré la distance. Boule de l'Ange n'en doutait pas, et elle ne cesserait jamais d'y croire.
Son regard bleuté parcourut la masse de fourrure en face d'elle. Ils dormaient encore tous à poings fermés. Elle avait l'habitude, depuis qu'elle était née, elle avait toujours été une chatonne bien matinal. Avant, elle s'amusait à réveiller son frère, et par extension toutes la pouponnière, pour ne pas dire le Clan dans certains cas, puisqu'il n'appréciait jamais ce genre de réveil. Elle essayait de ne le montrer à personne, mais la petite chatonne était très triste. Toutes ces petites habitudes lui manquaient énormément, et elle se sentait horriblement seule. Elle avait bien sympathiser avec Boule de Terre au camp du Sable, mais à elle aussi, elle avait dû dire au revoir... Elle se consolait tout de même en se disant qu'un au revoir était bien différent d'un adieu... Elle l'espérait en tout cas.
Boule de l'Ange entreprit de traverser la foule de corps des félins endormis pour faire sa toilette au grand air. Rien de plus laborieux pour une petite chatonne. Une patte après l'autre, on évite de trop appuyer le coussinet sur une queue qui traîne... Ouf, enfin passée. Elle s'étira bien plus une fois devant l'entrée, et passa un coup de langue sur son poitrail. A ce moment-là, elle remarqua une boule grise couchée au sol. La langue toujours sortit, arrêtée dans son mouvement, elle chercha le nom du chaton en face d'elle. Oui... Ca lui revenait. Patte d'Or. Les chatons se connaissent tous, c'est normal. Pourtant, Boule de l'Ange se rendait compte à cet instant précis, qu'elle avait un peu négligée les membres de son Clan. Elle était restée à l'écart, alors qu'en temps normal, elle aimait bien voir un peu tout le monde... N'est-ce pas ? Maintenant qu'elle y pensait, ne restait-elle pas trop à surveiller son frère ? N'y était-elle pas trop attaché ? Tant de questions qui surgissent comme ça, à un moment qui semblait un peu inapproprié. Elle n'aurait sûrement jamais de réponse qui plus est. La chatonne blanche secoua un peu sa fourrure, et s'approcha de la chatonne rayée sans faire de bruit et l'aborda d'un voix douce et chaleureuse.

- Bonjour Patte d'Or. Tu as bien dormi ?
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Mar 6 Mai - 2:39

Patte d'Or

La solitude rend sensible, non étranger à autrui.
avec Boule de l'Ange

Les yeux rivés dans mes pensées, je ne voyais rien, ni personne. Je ne voyais que ce que je voulais voir. Et parmi ce que je voulais voir, il était certains que ma mère ne serait pas présente. Pourquoi ? Parce qu’elle ne m’avait jamais aimé et malgré toute la gratitude que j’avais pour elle et tout l’amour qu’un chaton pouvait avoir pour sa mère, quelque part, je ne pouvais pas l’aimer vraiment. Je ne pouvais pas lui pardonner son non-amour que je n’avais sûrement pas mérité. Pourquoi est-ce que j’étais rejeté ? Est-ce qu’elle m’en voulait parce que je lui ressemblais ? Après tout, c’était de son entière faute si je lui ressemblais. C’est elle qui m’avait fabriqué. Elle et papa. Jurant silencieusement contre cette personne que je pourrais bien maudire jusque le restant de mes jours, je ne vis personne approcher. Du moins, lorsque j’étais perdue dans mon fort intérieur, je ne voyais personne. Pourquoi ? Parce que personne ne voulait jamais me voir et que par conséquent, être seule et ne voir personne était quelque chose de positif, de rassurant et de bien pour moi. J’avais construit mon bien-être sur la bulle que je m’étais construite. J’étais évitée par de nombreux chatons parce que tout banalement, leur mère les interdisait de jouer ou de parler avec moi sous prétexte que je faisais les pires bêtises de la pouponnière. Et encore une fois, c’était à cause de qui ? De ma mère qui me construisait une fausse réputation et qui salissait mon image impunément. Une voix qu’elle avait déjà entendue s’éleva soudainement dans les airs, balayant littéralement ses pensées et ses rêves d’évasion :

« Bonjour Patte d'Or. Tu as bien dormi ? »

Très surprise, je faillis sursauter et tomber à la renverse. Comment ? Qui ? Qui avait osé briser le silence qui régnait dans mes rêves ? Qui avait pût y pénétrer ? Personne encore n’avait réussi à m’en sortir. J’étais normalement la seule personne à détenir le secret pour entrer et sortir de ce royaume. Me rinçant les yeux et les ouvrants de sorte à pouvoir voir quelque chose, je vis qu’un chaton s’était approché de moi. Après un coup d’œil rapide, j’en conclus rapidement qu’il ne s’agissait pas d’un mâle mais d’une femelle. Celle-ci était magnifique. Elle était dotée d’un sublime pelage blanc immaculé. Moi à côté ? Je n’étais rien. J’étais un horrible chat tombé dans la poussière, dégoûtant et laide. Je n’étais en rien spécial. J’avais un pauvre pelage gris tigré. Quelque chose de très commun et de fort peu élégant. Finalement, je m’en voulais de ressembler autant à ma mère. J’aurais tant aimé ne pas lui ressembler. Même si elle était belle, elle n’égalait pas la beauté d’une chatte au pelage blanc et moi je n’égalais pas la beauté de la chatte au pelage blanc qui se situait devant moi. Malgré mon physique des plus banaux, je me relevai afin de paraître un peu plus présentable et me donnai quelques coups de langue sur le poitrail afin de faire partir la poussière que mon poil avait ramassé. Lorsque je fus à peu près propre, je fixai la chatte. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien me vouloir ? Pourquoi est-ce qu’elle était venue me voir ? Pourquoi moi ? Sa mère ne lui avait donc pas interdit de me fréquenter ? Personne ne lui avait jamais dit que je ne faisais que des bêtises et que je risquais à tout instant de la mettre en danger ? Si elle était réellement au courant, elle en avait du cran et du courage. Et rien que pour cela, je trouve qu’elle forçait mon admiration. Est-ce que j’allais enfin pouvoir avoir une relation amicale ou pour le moins neutre avec une de mes camarades ? J’étais si heureuse. Mes yeux se mirent à pétiller. Presque aussitôt, je repensai à ce qui venait de se passer. Elle m’avait posé une question. Et de plus, elle connaissait mon nom. Ce ne devait pas être difficile de le connaître, on parlait de moi partout dans la pouponnière, comme si j’étais le loup blanc. Par contre, moi je ne connaissais pas son nom. Je pense que j’ai déjà dut l’entrevoir cette chatonne, mais après rien de plus. Je ne sais pas comment je serais en même temps puisque ma mère m’interdit tout contact avec quelques chatons que ce soit. Pestant contre ma mère en silence, j’ouvris ma gueule et craignant le ridicule, j’osai poser la question :

« Et bien… Disons que j’ai agréablement bien dormi. D’ailleurs, je crois que je n’ai jamais mal dormi. La nuit est si belle et l’on peut faire tant de chose. Tu ne trouves pas… ? Hum… Excuse mon ignorance mais comment te prénommes-tu ? C’est-à-dire que je n’ai pas trop l’occasion de connaître les personnes qui vivent avec moi, je n’en ai surtout pas le droit… »

Me mordant la langue, j’arrêtai là le massacre. Je ne pouvais pas en dire plus. Je ne pouvais pas non plus tout dire et me faire passer pour un martyr. Au fond, je n’étais pas si malheureuse que cela. Je m’étais habitué à la solitude. J’étais bien dans mon monde, dans ma bulle. J’avais créé mon univers de toute pièce, de toute part. Tout était exactement comme je le désirais là-bas. Il suffisait que je m’échappe, que je pense très fort à cet endroit pour m’y rendre. Priant pour qu’elle ne pose pas de question sur ce pourquoi je n’ai pas le droit de communiquer avec les autres chatons, je fixai les nuages qui faisaient la course dans le ciel.
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Lun 26 Mai - 19:44


En entendant la petite voix douce de la chatonne immaculée, Patte d'Or sursauta discrètement, ce qui ne manqua pas de gêner un peu la coupable de son trouble. Elle aurait peut-être dû se mettre à son hauteur, pour que la chatonne rayée se rende compte de la présence de son homologue chatonne... Boule de l'Ange voyait bien que la petite boule de poils en face d'elle avait été prise au dépourvu, son regard avait joué en sa défaveur. De plus, son empressement à remettre son pelage en place traduisait bien une sorte de panique intérieure. Oui, tout cela, la féline blanche était tout à fait capable de s'en apercevoir. Cependant, elle ne prononça aucun mot, attendant patiemment une réponse. Peut-être s'excuserait-elle plus tard, mais pour l'heure, elle préférait épargner Patte d'Or. Un petit doute s'insinua tout de même dans les nerfs de Boule de l'Ange. Et si elle ne désirait pas discuter avec elle ? N’empiétait-elle pas dans l'havre de paix de la chatonne rayée ? Et si c'était le cas, de quel droit s'était-elle incrustée dans cet univers si cher à tout un chacun ?
Plongée dans de telles réflexion, la féline de neige n'avait pas du tout remarqué que son interlocutrice la fixait de ses yeux sombres. Ainsi, au son de sa voix, elle sortit brusquement de son monde intérieur, et tenta néanmoins de masquer ce bouleversement passager par un petit sourire.

- Et bien… Disons que j’ai agréablement bien dormi. D’ailleurs, je crois que je n’ai jamais mal dormi. La nuit est si belle et l’on peut faire tant de choses. Tu ne trouves pas… ? Hum… Excuse mon ignorance mais comment te prénommes-tu ? C’est-à-dire que je n’ai pas trop l’occasion de connaître les personnes qui vivent avec moi, je n’en ai surtout pas le droit…

Agrandissant légèrement les yeux sous ce flot de paroles, Boule de l'Ange finit par laisser échapper un petit rire de crécelle. Patte d'Or agissait de manière tellement... mignonne ! Oui c'était le mot pour la chatonne blanche. Elle la trouvait attendrissante, et s'étonnait un peu de la voir toujours toute seule. Pourtant, la féline aux yeux bleus n'était pas vraiment mieux dans le genre. Depuis que l'incendie avait décimé sa famille, elle n'était pas spécialement allée côtoyer les autres membres de son Clan. Par conséquent, avait-elle le droit de dire... non de penser ce genre de chose des autres ? Bien sûr que non. Un léger sentiment de honte l'amena à secouer imperceptiblement ses moustaches. Ce geste chassa également les quelques tourments de la chatonne immaculée, qui répondit à sa camarade avec un grand sourire enfantin :

- La nuit est vraiment magnifique, tu as raison ! J'adore regarder les étoiles s'allumer le soir, et disparaître lentement le matin ! Ah, je m'appelle Boule de l'Ange !
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Dim 6 Juil - 23:50

Patte d'Or

La solitude rend sensible, non étranger à autrui.
avec Boule de l'Ange

Mes yeux étaient rivés sur les nuages et sur leur couse chaotique. Pendant un court  moment, je ne parvins pas à distinguer dans quel sens ils allaient, puis, en me concentrant un peu, en trouvant un point de repère, je pus voir que ceux-ci se dirigeaient de gauche à droite. Contente d’avoir trouvé ce que je voulais tant et ce que je cherchais depuis… quelques secondes ? Une minute peut-être ? M’enfin, là n’est pas le plus important, le plus important c’était que j’avais trouvé. Après avoir trouvé la réponse à la question que je me posais, je pus me reconcentrée sur mon interlocutrice. Cette jolie petite chatonne aux poils blancs et aux sublimes yeux céruléens. Lorsque je reposai mes yeux sur la chatonne, qui ne devait pas être plus grande que moi, et vis que celle-ci rigolait. Pourquoi donc ? Avais-je quelque chose sur le visage ? Non, je ne pensais pas. Alors, j’avais dit quelque chose de drôle ? Non. Je ne pense pas. Je ne crois pas. Peut-être pas. Bwarf, qu’importe. Elle pouvait bien rire, qu’est-ce que j’y gagnais ? Qu’est-ce que j’y perdais ? Rien dans les deux cas. Ma réputation avait été forgée par ma mère et je ne pourrais sûrement pas la changer avant d’être devenue une Apprentie, et encore, quelque chose me dit que ce sera difficile. Roh et puis. Ce n’était qu’une vie gâchée. Une vie innocente certes, mais je n’y pouvais rien changer. Peut-être que j’aurais la chance d’avoir une vie différente là-haut, une fois que j’aurais quitté mon corps si lourd. Ou peut-être que ce serait pire encore. Enfin, je ne pense pas ce cela puisse l’être. Je ne pense pas que le Clan des Étoiles tolère, en son Camp, de telles injustices. Me reconcentrant sur la petite chatte, je me rendis compte que son visage avait quelque chose de changé. Son sourire avait disparu et laissait place à une figure étrange, une sorte de moue comme si elle repensait à quelque chose de difficile, une épreuve qu’elle avait dût surmonter. Pourtant, je n’arrivais pas à savoir ce que c’était. Malgré tous les ragots qui provenaient à mes oreilles, la plupart étaient portés sur ma personne et non sur les autres. Je n’avais donc probablement jamais entendu la mésaventure de la chatonne. Et si elle était comme moi ? Si sa mère ne la laissait pas parler et jouer ? Si sa mère l’accusait de tous les méfaits du Clan ? Et si ses frères et sœurs s’amusaient à la faire souffrir ? Un instant, je me mis à penser que la jeune chatte qui se trouvait devant moi était comme moi. Je me mis à penser que nos histoires étaient communes. Or, cette idée s’envola dès lors que je réfléchis un petit peu plus loin que le bout de mon nez. Je n’avais pas entendu parler d’un quelconque cas comme moi. Et je pense que les ragots se porteraient également sur elle si elle était comme moi. Le temps que je sorte de mes songes, elle avait encore changé d’attitude. Son visage rayonnait de nouveau. Elle souriait. Son sourire montait jusqu’au haut de ses joues. Elle ne tarda pas à ouvrir la bouche et un son ne tarda pas à en sortir :

« La nuit est vraiment magnifique, tu as raison ! J'adore regarder les étoiles s'allumer le soir, et disparaître lentement le matin ! Ah, je m'appelle Boule de l'Ange ! »

Alors comme ça, cette petite chatte aimait la nuit. Enfin, elle avait seulement pris l’aspect physique de la chose. Ne lui avait-on jamais appris à regarder outre le physique ? A regarder ce que les choses veulent vraiment dire ? Moi, je n’aimais pas spécialement la nuit. J’aimais surtout ce que je pouvais y faire. C’était le seul moment où j’étais libre. Libre de faire ce que je voulais et ce, sans que ma mère ait à me pourrir l’existence. Là, durant la nuit, je pouvais me faire ma propre justice, ma propre réputation. Le seul problème, c’est que dans mes songes nocturnes, j’étais souvent seule. Cette solitude jour et nuit me perdrait. Je finirais peut-être asociale et n’aurait pas d’amis. Juste des ennemis. Juste des rivaux. Juste des personnes qui auront un dégoût certains en me regardant. Ah et puis, elle m’avait donné son nom. Elle s’appelait donc Boule de l’Ange. Quel nom charmant. Malgré cela, je préférais le mien. Tiens, c’était la seule chose sympathique que ma mère ai fait pour moi, me trouver un nom correcte et même plus, un nom élégant. Je lui en serais éternellement reconnaissante pour ça et juste pour ça. Toujours est-il que le nom de la chatte semblait coller à son personnage. Elle avait un pelage blanc immaculé et semblait vraiment être une personne forte sympathique. Donc, quelqu’un d’assez angélique. Et maintenant ? Qu’est-ce que je pouvais bien lui dire ? Est-ce que j’avais l’autorisation de lui parler ? Certainement pas. Mais tant que l’autre dormait, je ne craignais rien. Quelque chose de certains, je ne parlerais pas de la pluie et du beau temps avec elle. Ce n’était pas intéressant. Cela ne m’intéressait pas. Et malgré le fait que je mourrai d’envie de la questionner sur la moue qu’elle avait faite toute à l’heure, je restai muette. Je me remis à regarder le ciel. Une nouvelle fois, la course des nuages m’envouta dans son manège infini.

HRPG:
 
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Dim 13 Juil - 21:52

Les derniers mots de la chatonne immaculée avait laissé place à un grand silence. D'après le petit regard en coin qu'elle avait porté à Patte d'Or, la petite blanche supposa que sa partenaire de discussion était plongée dans une grande méditation, comme il lui arrivait à elle-même de s'y laisser entraîner. Oui... Boule de l'Ange aimait particulièrement laisser traîner ses perles bleues quelque part, un endroit d'apparence habituel, sans grand intérêt, et son imagination s'y mettait à coeur joie. Ce passe-temps était tout récent pour elle. Quand son frère était encore avec elle, le temps lui manquait pour cela. A vrai dire, elle n'y avait même pas songé. Depuis qu'elle était née, tout ce qu'elle faisait, c'était de veiller sur le félin qui avait été son frère de sang. Elle le surveillait inlassablement, elle ne voulait que son bien, mais ce dernier ne lui avait changé rendu toute l'affection fraternelle qu'elle lui portait. Peut-être que cela représentait un regret pour la chatonne blanche à présent... Ou non. Elle n'avait pas fait cela avec l'attente d'une récompense. Elle adorait son frère. Lui ne la supportait pas. La vie allait ainsi. Tout cela n'avait plus d'importance à présent. Se lamenter ne ramènerait pas les morts.
Avec une pointe de nostalgie dans le regard, Boule de l'Ange leva les yeux vers la voûte céleste qui trônait au-dessus de ses petites oreilles de neige. Les nuages avaient pris leur teinte naturelle, d'un blanc crémeux, semblable à de petites boules de laine transportées par le zéphyr. Ils ne couvraient pas entièrement le plafond céleste, ainsi, le bleu profond du ciel se reflétait dans le bleu clair des yeux de la chatonne blanche. La journée s'annonçait belle. Mais en tant que chaton, Boule de l'Ange se devait de rester à l'intérieur du camp. La vie d'un petit est certes facile, néanmoins, elle est avant tout ennuyeuse.

- Je me demande si les guerriers du Clan des Etoiles sont en train de courir sur les nuages...

Elle avait dit ça spontanément, comme si elle s'était trouvée seule. Sa pensée s'était comme exprimé d'elle même, sans que la chatonne ne mette le moindre soupçon de volonté à la retenir. Une lueur d'intérêt sincère brillait dans ses iris, et elle semblait également tinter dans sa voix. Cependant, la petite féline neigeuse se rappela d'un coup la présence de Patte d'Or, et la honte l'envahit du bout de la queue jusqu'aux oreilles, et elle avait la sensation de ne plus savoir où se mettre. Elle qui était d'ordinaire si polie, et si attentive, elle s'était rangée dans sa bulle. Toute penaude, la chatonne se passa une patte sur le museau et ses oreilles remuèrent. Avec un petit rire gênée, elle tourna sa petite tête vers son interlocutrice, et déclara d'une voix timide :

- Oh, excuse-moi, je dis des choses un peu étranges des fois...
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Lun 25 Aoû - 21:22

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La solitude rend sensible, non étranger à autrui.
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Nuages, petite nuages. Que faites-vous donc ? Ne vous ennuyez-vous donc jamais ? N'avez-vous pas d'autres jeux que la course ? Ne savez-vous donc pas faire autre chose ? Ne savez-vous pas réfléchir ? Ne savez-vous pas tout simplement marcher ? Pourquoi toujours courir ? Pourquoi toujours aller vite ? Pourquoi ne pas prendre son temps ? Pourquoi ne pas profiter de la vie comme j'essaye de le faire ? Moi, si je viens, c'est pour vous voir. C'est pour que vous me teniez compagne. Vous savez bien que j'en ai si peu. Je vous raconte tout les jours mes désarrois, mes mésaventures, les injustices qui me touchent. Mais au fond, est-ce que vous en avez quelque chose à fiche ? Est-ce que vous allez m'aider ? Non, je ne pense pas. On me l'a assez répété. On m'a assez dit que je rêvassai de trop. On m'a assez répété que les nuages n'étaient pas vivants, qu'il ne comprenait pas les félins, qu'ils ne pouvaient même pas nous voir, nous entendre parce qu'ils n'avaient ni yeux, ni oreilles. Combien de fois est-ce qu'on m'avait rabâché que vous n'étiez rien ? Que vous n'étiez que des boules de cotons imbibées d'eau et qui ne servait qu'à déverser des trombes d'eau sur les félins vaquant à leurs diverses occupations et devoirs ? Depuis ma naissance, on n'a cessé de me comparer à vous. Alors pourquoi est-ce que je suis sur Terre moi ? Pourquoi est-ce que je ne suis pas avec vous dans le ciel. Pourquoi est-ce que je ne suis pas comme vous physiquement ? Pourquoi est-ce que je ne cours pas toute la journée ? Pourquoi est-ce que je ne flotte pas dans le vide ? C'est triste à dire, mais je me sens seule.

Comment ? Comment est-ce que je peux me sentir seule alors que je suis entourée de temps de félins ?  Demandez à n'importe quel chat de ce Clan, n'importe lequel qui a déjà fréquenté, de près ou de loin ma maman. Demandez lui ce que je suis. Demandez lui ce qu'il pense de moi. Demandez lui quelques adjectifs pour me qualifier. Je parie qu'ils seraient négatifs et qu'ils ressembleraient à menteuse, idiote et écervelée. Ajoutons à cela qu'on me donne une cervelle de souris et deux pattes gauches. Je m'arrête là pour ma description et ma réputation ? Vous me croyez maintenant ? Alors pourquoi est-ce que vous me laissez là ? Pourquoi est-ce que vous ne venez pas me chercher ? Dites, avant de vous rejoindre, est-ce qu'on ressent quelque chose quand on quitte notre corps de chat ? Est-ce qu'on a mal ? Est-ce qu'au contraire ça fait du bien de perdre sa peau ? Est-ce que c'est seulement possible de devenir nuage ? Est-ce que je ne divague pas de trop ? Est-ce que je ne pense pas de trop comme une idéaliste, comme une folle. Est-ce que je ne suis pas folle ? Après tout, je suis en train de vous parlez et vous me répondez pas. Au fond, votre vie, elle doit être bien embêtante. Vous êtes voué au silence et à l'incompréhension d'autrui. Moi, j'ai au moins le droit d'entendre et de communiquer, même si c'est très limité. Je peux articuler des mots moi. Vous, vous ne pouvez pas.  

« Je me demande si les guerriers du Clan des Etoiles sont en train de courir sur les nuages... »

Quoi ? Mes pensées de vie parmi les nuages s'envolèrent lorsque les paroles de Boule de l'Ange parvinrent à mes deux fines oreilles. Elle venait de briser mes pensées. Tout ce à quoi j'avais réfléchis depuis quelques temps maintenant. Elle avait brisé le silence et toute chance pour que les nuages me répondent. De toute façon, ils ne m'auraient jamais répondu. Ils ont d'eu avoir eu vent de mes soit disant méfaits. A la belle vie que mène mon frère. Et pourtant, je n'arrive pas à lui en vouloir plus que cela. Qu'est-ce que Boule de l'Ange voulait dire ? Est-ce que les Guerriers du Clan des Étoiles voyageaient avec les nuages ? Est-ce qu'ils étaient capables de courir avec eux ? Est-ce que quand on mourrait, on ne pouvait pas choisir entre devenir étoile ou nuage ? Pourtant, ce serait bien d'avoir le choix. Non ? Si le Clan des Étoiles était capable de courir sur les nuages alors peut-être que pour enfin être libre de vivre, de courir, de faire ce que je veux sans étreinte, peut-être que je devais les rejoindre. Mais comment ? Est-ce qu'il y avait un endroit pour monter les rejoindre ? J'avais entendu dire que c'était lorsqu'on mourrait que l'on rejoignait ce Clan. Alors est-ce que je devais mourir pour pouvoir être enfin libre ? Est-ce que je devais baisser ainsi les pattes ? Ne devrais-je pas plutôt me battre pour la vie ? Bien qu'elle ai très mal commencé pour moi ? Après tout, peut-être qu'on me test, tout simplement. M'enfin, ce test serait difficile et très long. A chaque punition et humiliation qu'on m'infligeait, mon amour propre et mon estime en prenait un sacré coup.  

« Oh, excuse-moi, je dis des choses un peu étranges des fois... »

Comme une chouette aurait fait, ma tête tourna sans que le reste de mon corps ne bouge. Mes yeux se posèrent sur la chatonne au pelage blanc comme neige. Décidemment, je ne comprenais rien au baratin des autres. On ne pensait vraiment pas pareil. On n'était vraiment pas pareil. Est-ce que le Clan des Étoiles s'était trompé de Clan en me faisant naître ici ? Pourquoi est-ce qu'elle s'excusait celle-là ? On ne devait pas s'excuser de penser. Sinon qu'est-ce que je devrais faire. Je ne ferais que m'excuser à tout bout de champ. Bon c'est vrai qu'en pensant, je ne parle pas, mais bon, on a tout de même le droit de penser, de rêver. Non ? Du moins, c'est-ce que je pense. Si on m'octroyait ce droit alors je pense que je n'aurais plus aucune raison de vivre. Je crois que si je perdais ce privilège, je m'éteindrais rapidement. Entraînant avec moi mes idées folles. Peut-être que ce serait la meilleure solution. Peut-être est-ce qui m'attendait ? Qui pouvait bien le savoir ? Pas moi en tout cas.  

Et maintenant ? A quoi est-ce que j'allais bien pouvoir penser ? Comment est-ce que je pourrais tuer le reste du temps avant le réveil de ma mère ? Combien de temps me restait-il ? Au mieux une bonne heure, au pire, une quinzaine de minutes ? Bwarf. Qu'est-ce qu'il adviendrait de ma personne si jamais je ne rentrais pas avant son réveil ? Est-ce que je serais encore punie ? Est-ce que l'on me disputera encore ? Est-ce que je serais encore obligé de faire des corvées pour réparer mes soit disant âneries. Est-ce que je serais obligée de m'excuser pour être sortit ? Est-ce que cela retarderait l'heure de mon baptême d'Apprentie ? Je ne le voulais pas. Contrairement à bon nombre de chaton, je ne voulais pas devenir Apprentie pour devenir Guerrière. Non, je voulais devenir Apprentie pour être délivrée. Pour enfin pouvoir vivre ma vie toute seule, sans avoir constamment ma mère sur le dos. Sans avoir à me justifier de telle ou telle chose. Et pendant que je serais Apprentie, peut-être qu'on me croirait enfin. Peut-être qu'on plaidera mon innocence au lieu de me rendre coupable de tout. Peut-être que je serais libre de vivre.

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Dernière édition par Patte d'Or le Ven 24 Oct - 23:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Sam 11 Oct - 13:40

Quelques secondes après les excuses de Boule de l'Ange à propos de son étrange remarque, son interlocutrice tourna la tête dans sa direction, et fixa ses perles bleues. Légèrement étonnée, la chatonne blanche soutint le regard de Patte d'Or quelques minutes, tentant de deviner ce qui tournait dans l'esprit de sa camarade. Ses efforts ne furent d'ailleurs pas du tout fructueux, et la petite boule de poils couleur de neige préféra porter son attention autre part, s'intéressant subitement à un petit papillon blanc. Non pas qu'elle adorait autre mesure ces petits et fragiles insectes, mais d'être fixée ainsi, en ne sachant pas la raison de ce brusque intérêt, la mettait mal à l'aise. Elle ne souhaitait pas attirer l'attention sur elle, et elle avait toujours eu l'impression d'être mise à l'épreuve quand de nombreuses paires d'yeux se trouvaient braquées sur son petit corps. Pour elle, rien d'intéressant ne s'était logé dans son être. Elle n'était pas un sujet d'admiration, ni de profond dégoût. Juste une jeune chatonne. De plus, elle ne souhaitait pas être prise en pitié par les autres par le sort de sa famille, c'est pour cela qu'elle n'avait pas parler de son deuil à ses camarades, même du Clan de la Terre. Alors pourquoi porter son attention sur elle ? Coulant un discret regard en direction de la chatonne rayée, Boule de l'Ange se rendit compte, soulagée, qu'elle fixait un autre point qu'elle. Quoi exactement ? Elle n'en avait strictement aucune idée, et ça ne l'a regardait absolument pas.
Plusieurs effluves emplirent soudain les narines de la petite chatonne blanche, qui tourna la tête dans la direction supposée. Elle remarqua ainsi un groupe de guerriers, accompagnés de quelques apprentis encore tout endormis, au milieu du camp. Tous venaient de sortir de leur tanière, à en juger par leur pelage emmêlé, leurs yeux embrumés et leurs bâillements successifs. Il s'agissait sûrement de la première patrouille de la journée, ce qui ne manqua pas de surprendre la féline immaculée. Elle était certes matinale, pourtant elle croisait toujours au moins un petit groupe de guerriers en sortant de la pouponnière. Ce jour-là, elle était la première, avec Patte d'Or, sortie de l'emprise de Morphée. A croire que le Destin lui avait joué un tour.

- Regarde, une patrouille se prépare à partir. Je suppose que le reste du Clan ne va pas tarder à se réveiller.

Boule de l'Ange accompagna ses dires d'un autre sourire à l'intention de la chatonne à côté d'elle, avant de se mettre sur ses quatre pattes. La sensation de se trouver à nouveau debout se traduisit sans tarder par de légères fourmis dans tous ses membres. Comme pour faire partir les insectes imaginaires, la chatonne blanche secoua ses pattes une à une, avant de s'étirer tout du long en baillant de toute sa mâchoire. Terminant sa petite séance réveil, elle secoua sa tête pour réveiller entièrement son corps juvénile, et porta son regard vers le groupe qui disparaissait à l'extérieur du camp. Elle avait presque l'âge de sortir du camp à son tour. Elle n'était pas spécialement pressée, toutefois, elle sentait de plus en plus d'intérêt et de curiosité à découvrir l'extérieur de son habitat.

- Qu'est-ce que ça doit être amusant d'être apprentie !
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Ven 24 Oct - 23:10

Patte d'Or

La solitude rend sensible, non étranger à autrui.
avec Boule de l'Ange

Savourant les courts moments que m'offraient le destin, ce répit que j'appréciais tant et qui m'était tellement bénéfique et bien faiseur. Enfin, je pouvais respirer sans que l'étreinte de ma mère ne se resserre sur moi. En effet, lorsque j'étais dans la pouponnière ou même dehors et que j'étais sous sa juridiction, sous son regard, je me sentais faible, mince, fébrile. Elle avait ce drôle d'effet sur moi. Un effet démoralisateur, un regard puissant me retirant toutes forces, toute envie de vivre, de lutter contre l'injustice. Parfois, j'ai envie de renoncer. De renoncer à la vie. De ne plus être emprisonnée telle une souris dans les griffes écarlates d'un matou. Je ne suis pas une proie. Je ne veux plus l'être. Je ne veux plus être la proie d'un de mes semblables. Je ne veux encore moins l'être d'un membre proche de moi, de quelqu'un avec qui je suis liée par les liens puissants du sang, par celle qui m'a donné la vie. Comment est-ce possible d'être aveugle à ce point ? Comment est-ce qu'on peut boire et croire les paroles d'un félin au lieu d'un autre ? Pourquoi ? Je ne suis pourtant pas bien différente d'elle. Rectification, je suis semblable et différente d'elle à la fois. Je lui ressemble en tout point physiquement, en plus petite bien sûr. Néanmoins, je sais que je deviendrais approximativement comme elle, j'ai son pelage gris rayé de noir et sa finesse, la félinité de certaines femelles. Je suis sûre que je suis elle plus jeune, je suis son miroir. Nonobstant, je ne suis pas comme elle caractériellement parlant. Du moins, je ne suis pas naïve et aveugle comme elle. Nous sommes très différentes sur ce point. Je vois claire dans le jeu de mon frère. Je ne suis pas aveugle au point de croire un félin et d'en ignorer un autre. Moi, au moins, j'écoute les deux témoignages avant de faire mon jugement. Je suis incapable de juger selon une préférence, une attirance plus profonde vers quelqu'un. Je suis plus impartiale qu'elle. Sa naïveté la perdra, son amour pour mon père et mon frère aussi.

Maintes odeurs virevoltaient dans l'air. Mon museau réussit à en capter certaines. Malgré mes pensées morbides qui continuaient de tempêter dans mon crâne, me donnant un mal de chien, je pouvais réfléchir à autre chose. Je cherchais par exemple à qui pouvait bien appartenir ses odeurs. Comment est-ce que je pouvais bien le savoir ? Va savoir. Un don ? J'étais sûre de ne pas en avoir, mais soit. Je pouvais toujours espérer. Je pouvais toujours espérer que la vie m'en donne. Que la vie veuille bien de moi. Je suis sûre qu'elle joue avec moi. Je suis sûre qu'au fond, elle m'a créée pour que je serve de marionnette. Un stupide pantin dont elle joue à sa convenance. Je suis la marionnette du destin, le macabre pantin à qui tous les malheurs arrivent. Mes yeux vibrionnèrent. Je ne pouvais pas me fier à mon museau sur le coup. J'aperçus ainsi trois Guerriers et deux Apprentis. Il y avait là un félin au poil gris terni, un autre au corps imposant et de couleur noire de jais et enfin un plus frêle au pelage bicolore, du noir et du blanc. De loin, je pus très mal discerner le pelage de ceux que je devinais Apprentis, car plus petit que les autres, de plus, ils étaient derrières les Guerriers. Par manque de visibilité je ne pus donc reconnaître aucun Apprenti. De toute façon, je n'en connaissais aucun. On ne m'avait jamais laissé l'occasion de les rencontrer, ni de rencontrer qui que ce soit. Les noms des Guerriers m'échappèrent, tout comme les Apprentis, je ne les connaissais pas. Au même titre que je ne connaissais personne dans le Camp, mis à part ma mère, mon frère, certains de la pouponnière et encore. Quelques fois, j'entendais parler de félins dont on ventait les exploits, mais il était impossible pour moi de mettre un nom sur une tête. Je souris tristement à ce spectacle que m'offrait mon ignorance.

« Regarde, une patrouille se prépare à partir. Je suppose que le reste du Clan ne va pas tarder à se réveiller. »

Bien que mes yeux furent déjà posés sur les félins, je tournai ma tête vers la petite chatte blanche pour lui signaler que j'avais bien entendu ce qu'elle me disait. Puis, sans attendre un instant de plus, mes yeux se reposèrent sur les imposants félins et leurs novices. Ils n'y restèrent qu'un bref instant, car de l'agitation attira leur attention. Ainsi, mes deux pupilles fixèrent de nouveau la femelle au pelage blanc et aux deux beaux yeux bleus. Je vis Boule de l'Ange me sourire, se relever et secouer successivement ses pattes. Pourquoi ? J'en avais aucune idée. Elle faisait peut-être cela pour stimuler ses membres, pour les réchauffer, pour les dégourdir. Je n'en savais rien et avoir la réponse à cette question était inutile. Elle ne me servirait à rien dans la vie. Donc, à quoi bon la poser ? À quoi bon me ridiculiser un peu plus. Quitte a paraître ignorante, je préférais le paraître le moins possible. Je ne voulais pas passer pour une écervelée, je n'étais pas une cervelle de souris.

« Qu'est-ce que ça doit être amusant d'être apprentie ! »

Une émotion violente me percuta en même temps que ces paroles. Je ne voyais pas ce qu'il y avait d'amusant dans le fait d'être Apprentie. Après, je n'avais pas la vie de tous. Et donc je ne devais pas avoir les mêmes espérances, les mêmes ressenties. Il faut croire que j'étais différente. Ne voulant pas paraître méchante ou toute autre chose, je ravalai les paroles glaciales que j'aurais pu cracher au visage de la femelle qui n'avait rien demandé. Je ne voulais pas qu'elle me prenne pour une sauvage, un monstre, comme tous semblaient me croire. Je ne voulais pas me tracasser à penser à ce futur. Il ne fallait pas que j'y pense. Je vivais dans le présent. Il était déjà bien difficile comme cela alors pourquoi se concentrer sur ce qui n'existait de toute façon pas ? Je ne voulais pas me concentrer sur le bonheur qui pourrait éventuellement émaner d'une situation improbable, inexistante pour le moment. Je ne pouvais pas me réjouir d'une éventuelle libération avant l'heure. Mon regard se fit plus doux que jamais, presque implorant. Ma bouche murmura sans que je puisse la retenir :

« La vie n'est pas perpétuelle amusant... »
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MessageSujet: Re: « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. » [PV : Boule de l’Ange]   Mer 25 Mar - 21:06


Les mots qu'avaient prononcés la petite chatonne blanche tournèrent dans l'air et dans les esprits pendant quelques minutes. Dans l'esprit de Boule de l'Ange, ils prenaient une dimension de liberté encore inconnue, de soif d'apprentissage et d'expérience, d'une forte envie de rencontre avec les félins de l'extérieur de son camp. Elle voulait voir le monde, les autres, et ne plus dépendre des adultes, et être un poids pour eux. Non pas que l'idée d'être maître de son destin l'obsédait, néanmoins, elle avait avant tout envie d'être la seule responsable de ces choix et des coups du destin. Elle souhaitait réparer elle-même ses erreurs, avoir assez de crédibilité et de bon sens pour aider son prochain, et avoir la sagesse et la maturité qu'elle admirait tant chez certains guerriers... Oui, elle avait hâte de grandir.
Dans l'esprit de Patte d'Or, ses mots résonnaient d'une manière bien différente. Alors que Boule de l'Ange portait son attention sur la patrouille qui se préparait à quitter le camp, les yeux de la chatonne tigrée lançaient des éclairs, et les muscles de sa mâchoire s'étaient crispés. Visiblement, elle ne partageait pas le moins du monde la vision de sa camarade immaculée. Une profonde tristesse se traduisit alors dans ses perles sombres, que la chatonne aux yeux bleus remarqua pendant une rapide seconde.

- La vie n'est pas perpétuelle amusante...

Cette déclaration tenait plus du murmure qu'autre chose. Comme une bribe de pensée rebelle qui cherchait à atteindre le cœur d'un éventuel interlocuteur. Boule de l'Ange éprouva un petit pincement au cœur. Avait-elle dit quelque chose de mal ? Avait-elle blessé sa camarade ? Elle entrouvrit sa mâchoire, avant de la refermer sans rien dire. Que dire ? Comme Patte d'Or ignorait l'histoire de Boule de l'Ange, celle-ci ignorait tout de la chatonne tigrée. Des secrets nécessaires à l'équilibre de chacun. La chatonne blanche en avait conscience, et elle se devait donc de réfléchir en conséquence. Alors... Autant exposer son propre point de vue, non ?

- Oui... C'est vrai. Mais, c'est bien pour ça qu'il faut la prendre avec le sourire, tu ne penses pas ?

Boule de l'Ange avait accompagné ses paroles d'un simple sourire. Pas un sourire enfantin, mais un sourire sage, doux, empli de pensées et d'interrogations. Ce n'était qu'une chatonne qui avait terriblement envie de grandir pour comprendre les philosophies des grands. Une réflexion traversa l'esprit de la petite féline. Se tenir à l'écart stimulait fortement notre pensée, voire provoquait une introspection sur notre être. Boule de l'Ange avait déjà expérimenté cela, sans pour autant se faire la réflexion comme aujourd'hui. Son esprit dévia vers Patte d'Or. Elle ne l'avait jamais vu avec les autres chatons, ni avec d'autres félins du Clan. Il était vrai que la féline immaculée passait le plus clair de son temps avec son frère avant la grande tragédie qui s'était abattue sur les quatre Clan, cependant, tous se connaissait entre membre d'un même Clan. On en venait donc à en déduire que la féline tigrée restait seule le plus clair de son temps. A quoi réfléchissait-elle seule ? Où déviaient ses pensées ? A quoi rêvait-elle ? A quoi aspirait-elle ? Autant d'interrogations auxquelles Boule de l'Ange n'avait pas le droit de réclamer une réponse. Toutes ses petites réflexions forgeaient les êtres, aidaient à faire grandir les plus jeunes... Patte d'Or devait être bien plus sage que sa comparse immaculée... Celle-ci éprouvait de la sympathie pour elle, et peut-être aussi un peu de respect.
Les bruits quotidiens du Clan montèrent de la foule de félins fraîchement réveillés. Le jour débutait pour de bon, et les esprits s'agitaient. Déjà, les autres chatons sortaient en trombe de la pouponnière en criant et en riant, impatients d'attaquer cette nouvelle journée. La tranquillité du coin où les deux chatonnes se trouvaient perdait de sa magie qui stimulait la réflexion. Il était temps de reprendre ses activités de chaton. Repérant un groupe de reines à aller saluer, Boule de l'Ange se tourna vers Patte d'Or, lui offrant un grand sourire.

- Je crois que tout le monde est debout à présent... J'ai été contente de discuter avec toi, Patte d'Or. A bientôt !

Et sur ces mots, elle disparut dans un éclair de fourrure blanche se perdre au milieu des autres félins du Clan de la Terre, non sans avoir auparavant levé les yeux vers les cieux, gratifiant à ses ancêtres une petite prière muette.


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